Congrès UD 2013, 11 octobre, intervention de l'IHS 33

Merci à la direction de l'UD, de nous permettre, encore une fois, de nous exprimer devant vous, lors de ce congrès.

Un regard sur les prochaines revues "Aperçus", en préparation et/ou programmées, nous permettra de souligner les axes de notre travail.

A l'occasion de 30 ans de l'IHSA, nous préparons une revue tournée vers les syndicats, mais aussi vers l'extérieur. En effet, si l'institut va à peu près bien en terme d'adhérents (à quelques unités près nous maintenons nos effectifs juste au dessus de 200), une baisse du nombre d'adhérents collectifs (syndicats et CE), certes compensée par un accroissement équivalent d'adhérents individuels, nous montre notre difficulté à remplir notre objectif de renforcement auprès des syndicats. Comment dans ce cas avoir une activité tournée vers leurs attentes, pour encore mieux porter un regard historique qui aide les acteurs que vous êtes, dans leurs luttes, dans leur construction d'alternative?

Cette revue donc aura un double objectif:

-          faire connaître le contenu des archives des 4 IHS de notre région et ainsi les valoriser tant en interne qu'en externe.

-          - diffuser un document de Conseils et Méthodes aux syndicats, pour les aider à organiser leurs propres archives, d'autant que l'enjeu des archives électroniques nous oblige à rapidement prendre des mesures de conservation et de collecte sur des supports adaptés.

A travers un regard "métiers" d'hier à aujourd'hui, une autre revue intègrera l'évolution de l'approche de la Cgt sur le travail, allant du travail "libération"( en terme quantitatif certes mais aussi qualitatif- conditions de travail, respect, dignité reconnaissance , pouvoir d'achat-), allant du travail libération donc, au travail" "création de richesses", pivot d'une autre construction sociétale.

Un autre numéro traitera des expériences coopératives dans notre région, et fera ressortir, nous en sommes convaincus, qu'autant les scoop et autres formes peuvent aider au maintien et au développement de l'emploi, autant elles ne peuvent avoir la vocation ET la puissance d'être une alternative aux grandes féodalités économiques et financières qu'il faudra faire plier par d'autres chemins.

Enfin, vous avez en main le bon de souscription du numéro triple ( 100 pages) qui va paraître début novembre.

Paradoxalement, ce sont les nécessités d'aujourd'hui qui nous ont conduit à travailler sur " L'engagement de la jeunesse aquitaine durant la guerre de 39-45", et non l'envie de commémoration ou de glorification.

Les articles montreront, de façon éclairante j'espère, combien ces jeunes, ni héros, ni martyrs, mais jeunes de leur époque, ont su résister et construire, dans toutes leurs diversités, unis, dans la douleur quelquefois, sur le rejet et l'envie d'un monde meilleur.

Nous avons voulu travailler, ce que, à notre sens, cette époque nous enseigne, et délivrer un message de confiance à partir de l'idée: " Que reste il de cette période?"

Avec une précision importante. La question n'est pas de savoir ce que chacun aurait fait à ce moment là. Nul ne le sait. Ces hommes et ces femmes n'avaient pas choisi d'être des héros. Ils avaient autant de défauts que quiconque aujourd'hui. L'enjeu, c'était, et c'est encore, "accepter ou non".

Alors ,Ce qui reste de la période? Des enseignements, des acquis, et une expérience.

Deux enseignements tout d'abord.

-La spécificité du conflit de 39/45 est qu'il a été basé dès le départ sur une conception idéologique raciste et sur des procédures diverses d'exclusion, de rejet de l'autre. (du juif, du communiste, du résistant, du franc maçon, du militant de gauche , du tzigane, de l'homosexuel….) Donner du sens et de la réalité à "Plus jamais ça" suppose donc une action sociétale pour promouvoir des modes de pensées, des modes de vie, permettant à TOUS d'exister ensembles, et d'en avoir les moyens de tous ordres (matériels, intellectuels, pouvoirs…).

- Au pire des moments, avec une France occupée, avec des organisations syndicales, interdites et/ou très affaiblies et issues de scissions, avec des militants clandestins, et/ou pourchassés, collectivement, il a été possible de s'unifier et de participer à la construction d'une alternative politique (le CNR). Résister, inverser les tendances dominantes, c'est possible, c'est aussi construire.

       Les acquis du CNR sont encore la base d'organisation de la société française. Souvenons nous, du patron du Medef, Kessler, qui voulait "détricoter 1945", de Sarkozy lui emboitant le pas, mais aussi des effets atténués de la crise en 2008 grâce "au filet de sécurité issu de l'après guerre," de la la Sécu, des Statuts, des Nationalisations et autres mesures économiques, du Droit de vote des femmes…...

La démarche (une co- élaboration réelle entre toutes les forces économiques et sociales), et le contenu, dans leurs principes, restent actuels ET doivent être adaptés à aujourd'hui. Adaptés à un mouvement nouveau entre le local et le global, à une démocratie de terrain moins délégataire, à des technologies nouvelles et à tous les enjeux du 21 ème siècle tels l'écologie et l'état du monde.

         Enfin les militants et militantes survivants nous ont légué leur expérience.

Si elle a été très meurtrière pour les hommes et les femmes, cette période d'engagement a donné à notre pays des militants, aguerris, sur les questions d'organisations, porteurs de valeurs fortes, collectives, de paix, de progrès social. Les reconstructions des organisations de luttes après guerre ont été portées par ces militants (es) qui rechignaient à parler de la guerre tant ils étaient tournés vers l'avenir. Les droits divers que l'on exerce, la place des syndicats dans la société leur doit beaucoup.

Leurs descendants ont aussi, à leur façons, porté ces valeurs et savoir faire militants.

Il s'agit aujourd'hui, pour ces derniers, pour ceux qui se sont affirmés à leur contact, d'aider à assurer la relève, sans leçons, concrètement, en adaptant les pratiques aux enjeux sociétaux et aux stratégies définies démocratiquement par les organisations, leurs adhérents, l'ensemble des citoyens.

Ainsi, comme toujours, les peuples trouveront les forces de se lever et d'agir avec les autres. Et si à chaque époque le combat est différent, il est une des sources du progrès social dont on voudrait nous faire croire qu'il n'est pas inhérent à l'Histoire de l'Humanité.

Merci de votre attention.

 

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